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"Si toutes les grandes sagas du cinéma contemporain ont leur histoire, la saga comme genre à part entière en a une bien à elle.
Petit voyage dans le temps pour renouer avec Fantômas, Tarzan et les premiers justiciers en collants, tous destinés à faire tout un tas de petits."
Au chapitre:
"Mais qu'est- ce que c'est donc qu'une saga et d'où ça vient d'abord?", le GDCAC ( "Grand dictionnaire du Cinéma pour Assoiffés de Connaissances" ) - inventé pour l'occasion par vos serviteurs - est on ne peut plus explicite.
Le terme de "sérial", qui peut être littéralement traduit en français par "feuilleton" ( ou roman- feuilleton ), prend sa source dans les series littéraires du XIX ème siècle, quand les romanciers comme Arthur Conan Doyle déclinaient par exemple les enquêtes d'un certain Sherlock Holmes dans les pages du quotidiens.
Le principe est simple, très rentable et populaire, et ne tarde pas à passer des feuilles des périodiques aux ondes radiophoniques quand cell-ci commencent à émettre.
La méthode: prenez un héros, faites-lui vivre moult aventures trépidantes, secouez le tout, puis laissez mijoter votre audience à chaque fin d'épisode en affichant la mention " à suivre ".
La notion de " cliffhanger " - soit quand l'épisode s'achève lorsque le suspense est à son comble - fait ainsi sont apparition.
Au cinéma, la déclination des péripéties d'un même héros apparaît pour la toute première fois au travers du personnage de Nick Carter.
Publié jusqu'à en fascicules, Nick Carter est le premier aventurier à avoir droit à son serial cinéma ( une quinzaine d'épisodes ), sous la houlette du cinéaste Victorin Jasset en 1908.
Ce n'est pas un hasard si c'est par la porte du polar que le sérial fait son entrée.
Et pour cause: on y trouve tous les ingrédients propres à tenir le public en haleine et à l'inciter à revenir en deuxième semaine.
La loi des sérials:
En 1913, le prolifique cinéaste Louis Feuillade impose ce qui deviendra une des figures cultes du paysage cinématographique français: Fantômas.
Cet homme de mystère, masqué, adepte de la cambriole et traqué par des inspecteurs tenaces, rencontre un succés instantané auprès du public.
Entre 1913 et 1914, cinq films muets au format " moyen métrage " voient aisin le jour avec René Navarre dans le rôle- titre ( Fantômas, Juve contre Fantômas, La mort qui tue, Fantômas conte Fantômas et le Faux magistrat ).
Pourtant, c'est un autre nom qui va offrir au serial son passeport pour l'international.
Venu des Etats-Unis ( bien que réalisé par le français Louis Gasnier ), Les mystères de New York ( The exploits of Elaine , en VO ) entame en 1915 une longue suite de trente-six épisodes dans lesquels le détective Kennedy cherche à résoudre le meurtre du père d'une riche et belle héritière ( La fameuse Elaine ) à l'aide de toute une batterie d'inventions de son cru.
La belle époque voit ainsi les idées de serials se développer de façon exponentielle.
Diffusée en France par Charles Pathé, la série des Elaine fait un carton ... et Louis Feuillade, lui, un peu la moue.
Allié à Gaumont, Feuillade contre-attaque aussi sec avec Les Vampires.
En dépit de sénario flottans et de l'irégularité des sorties en salle des différents volets, le public est immédiatement fasciné par la trame fantastique, les super criminels et une figure de leader démoniaque.
"Tarzan chez les singes, en janvier 1918, entre au panthéon des premiers longs métrages à cumuler plus d'un million de dollars de recettes"
Dans la famille de la Jungle, je voudrais ...
Tandis que les foules se prennent de passion pour le serial et qu'une mini-guerre fait rage entre Pathé et Gaumont à l'échelle française, un romancier natif de Chicago visiblement porté sur les grands gaillards vêtus d'un triangle en peau de léopard, planche déjà sur l'adaptation ciné de son homme de la brousse.
Son Tarzan ayant triomphé dans les pages de " All Story Magazine " et du " New York Evening World ", Edgar Rice Burroughs fait le tour des grands studios pour présenter son héros ami des primates et pro des figures acrobatiques sur lianes.
Mais la promesse d'un tournage en extérieurs s'annonce laborieuse, nécessitant tout un tas d'animaux exotiques, et n'est pas pour séduire les firmes hollywoodiennes qui passent la main les unes après les autres.
Qu'à cela ne tienne, Burroughs monte son porpre studio, The National Film Corporation of America, avec l'aide d'un certain Bill Parsons.
Grâce à son physique d'éthlète ( 1,80 m et 91 kilos sur la balance ), Elmo Lincoln décroche le droitde porter en premier le cache-sexe du roi de la jungle.
Dès la sortie de Tarzan chez les singes, en janvier 1918, l'audience s'enflamme.
Le film de Scott Sidney entre au panthéon des remiers longs métrages à cumuler plus d'un million de dollars de recette ( lors de sa sortie originale ).
Et ce n'est que le début ... d'une longue série ( bien sûr ).
Et si Elmo Lincoln est le premier acteur à incarner Tarzan, c'est évidemment sous les traits du champion de natation Johnny Weissmuller que l'homme- singe trouvera sa plus belle notoriété à partir des années 1930, et pendant plusieurs décennies.
"René Cresté, alias Judex, l'un des premiers supers héros sans pouvoirs (à la Batman, quoi! )"
Monde et cie
Reste le polar et les cabrioles en milieu sauvage ne sont pas les seuls terrains de jeu dans lesquels le serial prend ses aises.
Les sujets se démultiplient, en réponse à l'intérêt toujours galopant du public.
En Chine, on testera même plus atrd la résistance moyenne du spectateur.
Ainsi, avec son Feu au temple di Lotus rouge ( 1928 ), ou l'histoire d'une opération de sauvetage dans un monastère, le cinéaste Zhang Schichuan cumulera les records.
Ses vingt-sept heures de bobines font de son film d'arts martiaux un des plus longs films jamais produits.
Il sera fort heureusement divisé en dix-huit sections et diffusé à guichets fermés pendant vingt-trois jours d'affilée.
Du jamais vu.
Du côté de l'Allemagne on s'interesse visiblement aux dérapages de la science.
Avec son serial fantastique en six épisodes, Otto Rippert contribue à assoire l'image du monstre de laboratoire dès 1916.
Dans Homunculus, ledit monstre du laboratoire passe la bague au doigt de la fille de son inventeur, histoire de se venger.
Une histoire qui n'est pas sans rapeler celle de la créature de Frankenstein.
De l'autre côté de l'Atlantique, les Américians enfantent aisin une nouvelle sage horrifique, et dès 1931.
Boris Karloff fait flipper la planète entière dans la peau de l'armoire ç glace au crâne boulonné, créé par un médecin peu recommandable.
Il s'agit alors de la première adaptation sonore du roman de Mary Shelley.
"Au cinéma, la déclinaison des péripéties d'un même héros apparaît pour la toute première fois au travers du personnage de Nick Carter"
Super héros mais pas trop
Mais qu'en est-il de nos héros aux pouvoirs détonants?
Et bien c'est une nouvelle fois Louis Feuillade qui va faire date en matière.
Avec son Judex, un nouveau serial en treize épisodes diffusé à partir de 1916, il préfigure le justicier costumé.
Dans son quartier général chargé en articles high-tech, le fameux Judex ( campé par René Creté ) - bien que dénué de tout pouvoir surnaturel - préfigure ce que sera bien plus atrd la bactave et son homme- chauve souris féru de gadgets tecnhologiques.
De même, son costume recherché et sa cape coordonnée appellent aux panoplies en devenir des autres super- héros.
Ainsi, en 1936, Flash Gordon conserve la cape pour l'allier à une combinaison proche de celle d'un Robin des Bois en partance pour les croisades.
Un accoutrement que Larry Crabbe conservera tout au long des treize épisodes de ce serial fantastique parti s'épanche sur le devenir d'une lointaine planète.Reste que Flash Gordon, aussi justicier et athlétique soit-il, reste en rade de super pouvoirs.
Quand soudain, en 1941, un éclair rouge fend le ciel.
"Est- ce un oiseau?" Non.
"Est- ce un avion?" Du tout.
"Est- ce Superman?" Euh ... non plus, on n'est qu'en 1941, là.
Lui, c'est Captain Marvel, un jeune homme changé en vrai super- gugusse, capable de fendre les nuages pour partir secourir le monde en danger.
La porte est désormais grande ouverte aux super- héros de tous poils, et les Superman, X- Men et autres Spider- Man n'ont dès lors pas fini de s'y engouffrer ...
Petit voyage dans le temps pour renouer avec Fantômas, Tarzan et les premiers justiciers en collants, tous destinés à faire tout un tas de petits."
Au chapitre:
"Mais qu'est- ce que c'est donc qu'une saga et d'où ça vient d'abord?", le GDCAC ( "Grand dictionnaire du Cinéma pour Assoiffés de Connaissances" ) - inventé pour l'occasion par vos serviteurs - est on ne peut plus explicite.
Le terme de "sérial", qui peut être littéralement traduit en français par "feuilleton" ( ou roman- feuilleton ), prend sa source dans les series littéraires du XIX ème siècle, quand les romanciers comme Arthur Conan Doyle déclinaient par exemple les enquêtes d'un certain Sherlock Holmes dans les pages du quotidiens.
Le principe est simple, très rentable et populaire, et ne tarde pas à passer des feuilles des périodiques aux ondes radiophoniques quand cell-ci commencent à émettre.
La méthode: prenez un héros, faites-lui vivre moult aventures trépidantes, secouez le tout, puis laissez mijoter votre audience à chaque fin d'épisode en affichant la mention " à suivre ".
La notion de " cliffhanger " - soit quand l'épisode s'achève lorsque le suspense est à son comble - fait ainsi sont apparition.
Au cinéma, la déclination des péripéties d'un même héros apparaît pour la toute première fois au travers du personnage de Nick Carter.
Publié jusqu'à en fascicules, Nick Carter est le premier aventurier à avoir droit à son serial cinéma ( une quinzaine d'épisodes ), sous la houlette du cinéaste Victorin Jasset en 1908.
Ce n'est pas un hasard si c'est par la porte du polar que le sérial fait son entrée.
Et pour cause: on y trouve tous les ingrédients propres à tenir le public en haleine et à l'inciter à revenir en deuxième semaine.
La loi des sérials:
En 1913, le prolifique cinéaste Louis Feuillade impose ce qui deviendra une des figures cultes du paysage cinématographique français: Fantômas.
Cet homme de mystère, masqué, adepte de la cambriole et traqué par des inspecteurs tenaces, rencontre un succés instantané auprès du public.
Entre 1913 et 1914, cinq films muets au format " moyen métrage " voient aisin le jour avec René Navarre dans le rôle- titre ( Fantômas, Juve contre Fantômas, La mort qui tue, Fantômas conte Fantômas et le Faux magistrat ).
Pourtant, c'est un autre nom qui va offrir au serial son passeport pour l'international.
Venu des Etats-Unis ( bien que réalisé par le français Louis Gasnier ), Les mystères de New York ( The exploits of Elaine , en VO ) entame en 1915 une longue suite de trente-six épisodes dans lesquels le détective Kennedy cherche à résoudre le meurtre du père d'une riche et belle héritière ( La fameuse Elaine ) à l'aide de toute une batterie d'inventions de son cru.
La belle époque voit ainsi les idées de serials se développer de façon exponentielle.
Diffusée en France par Charles Pathé, la série des Elaine fait un carton ... et Louis Feuillade, lui, un peu la moue.
Allié à Gaumont, Feuillade contre-attaque aussi sec avec Les Vampires.
En dépit de sénario flottans et de l'irégularité des sorties en salle des différents volets, le public est immédiatement fasciné par la trame fantastique, les super criminels et une figure de leader démoniaque.
"Tarzan chez les singes, en janvier 1918, entre au panthéon des premiers longs métrages à cumuler plus d'un million de dollars de recettes"
Dans la famille de la Jungle, je voudrais ...
Tandis que les foules se prennent de passion pour le serial et qu'une mini-guerre fait rage entre Pathé et Gaumont à l'échelle française, un romancier natif de Chicago visiblement porté sur les grands gaillards vêtus d'un triangle en peau de léopard, planche déjà sur l'adaptation ciné de son homme de la brousse.
Son Tarzan ayant triomphé dans les pages de " All Story Magazine " et du " New York Evening World ", Edgar Rice Burroughs fait le tour des grands studios pour présenter son héros ami des primates et pro des figures acrobatiques sur lianes.
Mais la promesse d'un tournage en extérieurs s'annonce laborieuse, nécessitant tout un tas d'animaux exotiques, et n'est pas pour séduire les firmes hollywoodiennes qui passent la main les unes après les autres.
Qu'à cela ne tienne, Burroughs monte son porpre studio, The National Film Corporation of America, avec l'aide d'un certain Bill Parsons.
Grâce à son physique d'éthlète ( 1,80 m et 91 kilos sur la balance ), Elmo Lincoln décroche le droitde porter en premier le cache-sexe du roi de la jungle.
Dès la sortie de Tarzan chez les singes, en janvier 1918, l'audience s'enflamme.
Le film de Scott Sidney entre au panthéon des remiers longs métrages à cumuler plus d'un million de dollars de recette ( lors de sa sortie originale ).
Et ce n'est que le début ... d'une longue série ( bien sûr ).
Et si Elmo Lincoln est le premier acteur à incarner Tarzan, c'est évidemment sous les traits du champion de natation Johnny Weissmuller que l'homme- singe trouvera sa plus belle notoriété à partir des années 1930, et pendant plusieurs décennies.
"René Cresté, alias Judex, l'un des premiers supers héros sans pouvoirs (à la Batman, quoi! )"
Monde et cie
Reste le polar et les cabrioles en milieu sauvage ne sont pas les seuls terrains de jeu dans lesquels le serial prend ses aises.
Les sujets se démultiplient, en réponse à l'intérêt toujours galopant du public.
En Chine, on testera même plus atrd la résistance moyenne du spectateur.
Ainsi, avec son Feu au temple di Lotus rouge ( 1928 ), ou l'histoire d'une opération de sauvetage dans un monastère, le cinéaste Zhang Schichuan cumulera les records.
Ses vingt-sept heures de bobines font de son film d'arts martiaux un des plus longs films jamais produits.
Il sera fort heureusement divisé en dix-huit sections et diffusé à guichets fermés pendant vingt-trois jours d'affilée.
Du jamais vu.
Du côté de l'Allemagne on s'interesse visiblement aux dérapages de la science.
Avec son serial fantastique en six épisodes, Otto Rippert contribue à assoire l'image du monstre de laboratoire dès 1916.
Dans Homunculus, ledit monstre du laboratoire passe la bague au doigt de la fille de son inventeur, histoire de se venger.
Une histoire qui n'est pas sans rapeler celle de la créature de Frankenstein.
De l'autre côté de l'Atlantique, les Américians enfantent aisin une nouvelle sage horrifique, et dès 1931.
Boris Karloff fait flipper la planète entière dans la peau de l'armoire ç glace au crâne boulonné, créé par un médecin peu recommandable.
Il s'agit alors de la première adaptation sonore du roman de Mary Shelley.
"Au cinéma, la déclinaison des péripéties d'un même héros apparaît pour la toute première fois au travers du personnage de Nick Carter"
Super héros mais pas trop
Mais qu'en est-il de nos héros aux pouvoirs détonants?
Et bien c'est une nouvelle fois Louis Feuillade qui va faire date en matière.
Avec son Judex, un nouveau serial en treize épisodes diffusé à partir de 1916, il préfigure le justicier costumé.
Dans son quartier général chargé en articles high-tech, le fameux Judex ( campé par René Creté ) - bien que dénué de tout pouvoir surnaturel - préfigure ce que sera bien plus atrd la bactave et son homme- chauve souris féru de gadgets tecnhologiques.
De même, son costume recherché et sa cape coordonnée appellent aux panoplies en devenir des autres super- héros.
Ainsi, en 1936, Flash Gordon conserve la cape pour l'allier à une combinaison proche de celle d'un Robin des Bois en partance pour les croisades.
Un accoutrement que Larry Crabbe conservera tout au long des treize épisodes de ce serial fantastique parti s'épanche sur le devenir d'une lointaine planète.Reste que Flash Gordon, aussi justicier et athlétique soit-il, reste en rade de super pouvoirs.
Quand soudain, en 1941, un éclair rouge fend le ciel.
"Est- ce un oiseau?" Non.
"Est- ce un avion?" Du tout.
"Est- ce Superman?" Euh ... non plus, on n'est qu'en 1941, là.
Lui, c'est Captain Marvel, un jeune homme changé en vrai super- gugusse, capable de fendre les nuages pour partir secourir le monde en danger.
La porte est désormais grande ouverte aux super- héros de tous poils, et les Superman, X- Men et autres Spider- Man n'ont dès lors pas fini de s'y engouffrer ...
Par Chrsitophe CHADEFAUD



